Espace, défense, recherche : comment former les ingénieurs dans un monde sous contraintes ?

À l’heure où l’aéronautique et le spatial sont redevenus des secteurs stratégiques majeurs, au croisement de la souveraineté nationale et de la compétitivité industrielle, la formation des ingénieurs ne peut plus se limiter à la seule maîtrise technologique. Elle doit désormais intégrer des enjeux de performance sous contrainte, de responsabilité et de prise de décision dans des environnements complexes. C’est cette vision que porte Anne-Ségolène Abscheidt, Directrice Générale de l’IPSA, spécialisée dans l’aéronautique et le spatial, lors de sa conférence de presse.

Former des ingénieurs dans un monde sous contraintes

En 2026, l’IPSA affirme plus que jamais son ambition : former des ingénieurs capables de concevoir, décider et innover là où performance, souveraineté et décarbonation sont des exigences simultanées. L’espace est devenu un théâtre de rivalités stratégiques. La maîtrise des lanceurs, des satellites et des systèmes de télécommunications conditionne la souveraineté, la sécurité et la continuité des services essentiels. Pour la France et l’Europe, l’enjeu est clair : disposer de compétences capables de gérer l’ensemble des infrastructures critiques et éviter toute dépendance vis-à-vis de puissances étrangères. Cette ambition se traduit par une hausse de près de 30 % du budget de l’Agence spatiale européenne, porté à 22,1 milliards d’euros pour 2026-2028, et par un investissement de plus de 16 milliards d’euros de la France dans sa stratégie spatiale civile et duale d’ici 2030.

C’est pour répondre à ces défis que l’IPSA a construit et fait évoluer son offre de formations. Fondée en 1961, au moment où la France affirmait son ambition spatiale avec le satellite Astérix et les grands programmes structurants, l’école s’est inscrite au cœur de cette histoire industrielle et stratégique. « En tant que 3ᵉ puissance spatiale mondiale, la France a besoin d’ingénieurs capables de concevoir, décider et innover dans des environnements complexes. À l’IPSA, nous formons ces professionnels pour qu’ils participent pleinement à la souveraineté, à la compétitivité et au rayonnement de notre industrie », explique Anne-Ségolène Abscheidt.

Aujourd’hui, l’IPSA prépare des ingénieurs et experts capables de concevoir, d’intégrer et d’exploiter des systèmes complexes. Et cette stratégie porte ses fruits : 100 % des diplômés trouvent un emploi dans les deux mois suivant leur sortie, preuve de l’efficacité de cette approche. Cette dynamique se traduit par plus de 3 200 étudiants répartis sur trois campus (Paris-Ivry, Toulouse et Lyon), et des collaborations avec plus de 800 entreprises et 120 universités internationales.

Dès la rentrée 2025, l’école ouvre plusieurs nouveaux programmes, parmi lesquels les MSc Aéro, IA & cybersécurité, Aerospace Propulsion et Autonomous aerospace Systems, ainsi qu’un MBA Ingénieur d’affaires en aéronautique et spatial.

En 2026, l’offre sera complétée par un MSc Space Data, développé en partenariat avec EPITA sur le campus de Toulouse, dédié à l’exploitation des données spatiales à la croisée de l’intelligence artificielle, des systèmes satellitaires et de l’ingénierie logicielle. Un double diplôme avec l’École navale viendra également renforcer les passerelles entre formation académique et engagement opérationnel, avec deux années d’études en lien direct avec l’institution militaire.

Performance, souveraineté et décarbonation : trois priorités pour l’IPSA en 2026

En 2026, l’IPSA structure sa trajectoire autour de trois priorités indissociables : la performance et la souveraineté, l’autonomie technologique ainsi que la décarbonation. Le retour d’un contexte international compétitif impose la maîtrise de systèmes fiables, robustes et résilients. Il impose aussi des ingénieurs et experts capables d’arbitrer vite, en équipe et sous des conditions stressantes.

À l’IPSA, la pédagogie a été profondément repensée pour intégrer la notion de stress dans la conduite de projet. Les formations intègrent désormais les sciences humaines pour développer l’intelligence émotionnelle, la capacité d’adaptation et la prise de décision en environnement complexe.

L’IPSA développe également des parcours dédiés au leadership, à la prise de décision et à la gestion du stress. Depuis la rentrée de septembre 2025, l’IPSA a signé un partenariat avec l’Armée de Terre et l’Académie militaire de Saint-Cyr Coëtquidan. Celui-ci permet par exemple à des étudiants du Programme Ingénieur de vivre une immersion de six mois autour du leadership, du commandement, de la prise de décision sous stress et de la cohésion.

Les projets étudiants sont également au cœur de la pédagogie de l’école. L’IPSA encourage également ses étudiants à se confronter à des problématiques opérationnelles réelles à travers des projets, challenges et hackathons : Hackathon Definspace, NASA Space Apps Challenge, Drone Défense Hackathon… Des événements durant lesquels les étudiants de l’IPSA se sont démarqués lors des éditions 2025. Par exemple, lors du « Drone Défense Hackathon », une équipe composée d’étudiants de l’IPSA et de l’EPITA a remporté le challenge « Livrer en situation de crise » en développant un « Uber Eats du front ».

Poursuivant cette ambition, l’IPSA renforce son approche pédagogique. Pour rapprocher la formation des pratiques industrielles, l’école investit également dans des plateformes technologiques professionnelles, permettant aux étudiants de concevoir, simuler, tester et valider des systèmes complets en conditions réelles.

La transition de l’aviation civile est aussi au cœur des défis à relever pour les prochaines générations d’ingénieurs. Celle-ci repose sur des choix industriels complexes qui doivent prendre en compte les carburants durables, les nouveaux modes de propulsions, l’optimisation des opérations, ainsi que les questions de sécurité ou encore la capacité d’industrialisation.

Pour préparer les futurs acteurs, en complément des projets étudiants, l’école fait évoluer ses enseignements autour de deux axes majeurs : une intégration renforcée des enjeux de décarbonation dans les contenus techniques, et une montée en puissance des enseignements liés à l’énergie, à la propulsion et aux systèmes.

« En développant ses laboratoires, ses partenariats industriels et institutionnels, et en préparant des ingénieurs capables d’intervenir sur des problématiques liées aux infrastructures critiques, à l’autonomie technologique et à la durabilité, l’IPSA participe directement à la préservation du savoir-faire national », ajoute Anne-Ségolène Abscheidt.

« Per IPSA Ad Astra »

Inspirée de la locution latine Ad astra per aspera, « vers les étoiles à travers les difficultés », cette philosophie prend tout son sens à l’IPSA. Elle se traduit par un ensemble de dispositifs concrets destinés à accompagner les étudiants vers la réussite de leurs études et de leurs projets. Sur le plan pédagogique, l’école privilégie un suivi individualisé des élèves-ingénieurs, assuré par des professeurs référents, et propose des cours de soutien ciblés en mathématiques, en physique et en anglais.

L’accompagnement des étudiants passe également par une attention portée à leur bien-être psychologique. À travers le dispositif « IPSA Ensemble », l’école a mis en place un ensemble de mesures destinées à prévenir les situations de mal-être et à offrir un soutien adapté à chacun. Des permanences d’écoute offrent un espace d’accompagnement psychologique individualisé, complété par des consultations et des ateliers thématiques.

En parallèle, une plateforme de signalement permet aux étudiants de faire remonter, en toute confidentialité, des situations de violences, de harcèlement ou de discrimination. L’initiative s’inscrit aussi dans une démarche de prévention, avec l’organisation régulière de conférences et d’ateliers consacrés notamment aux addictions, au consentement et à la gestion des risques. Enfin, des actions de mentorat et des dispositifs collectifs viennent renforcer la cohésion au sein de la communauté étudiante, favorisant un climat d’écoute, de solidarité et de confiance.

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